To love a Frog

Blog d'humeurs et d'autres, santé et beauté naturelle, herboristerie, musique, littérature, coups de gueule et coups de coeur...

11 juin 2006

Le sureau et ses fleurs-fées : quelques recettes

Comme vous le savez déjà, je suis une petite campagnarde exilée dans une grande, grande, trop grande ville. Et ce que la Nature me manque... vous n'imaginerez jamais... Bruxelles a beau être une ville très verte, ça ne sera jamais comme "chez moi".
Je cultivais mes plantes médicinales et aromatiques. Je passais mes journées dehors à cueillir mes plantes, que ce soit pour la cuisine, pour la magie ou pour la guérison!
Ici, à Bruxelles, je m'interdis d'en cueillir. C'est une ville! Trop pollué... Mais peut-être suis-je trop puriste en la matière. Toujours est-il que je vais me renseigner. Si ça tombe, j'exagère encore...
Hier j'étais au bois de Dieleghem à Jette, cueillir des feuilles pour mon herbier...

Et je dois vous dire une chose. Une chose merveilleuse, un de mes grands, grands, grands bonheur.
Le sureau.

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Un arbre magnifique. C'est sans doute une des choses que je préfère, voir les sureaux fleurir, puis aller cueillir les fleurs, me retrouver couverte de pollen jaune et odorant. Tout cela est si merveilleux. Par chez-moi, ce sont des bois entiers de sureaux dans lesquels je passe des heures folle de cueillette et de bonheur. J'en cueille des paniers et des paniers, pour en réaliser diverses recettes. Et je n'ai qu'une chose à vous dire, d'un point de vue culinaire, c'est un délice. D'un point de vue phytothérapique, c'est une merveille. D'un point de vue païen, c'est magique...

Je le vois d'ici, vous mourrez d'envie d'en savoir un peu plus. Bon allé, c'est un blog, je m'oblige à être concise! Probablement qu'une page arrivera prochainement dans la section consacrée aux plantes sur mon site, quand je me serais remise à sa rédaction.

Je veux bien, en attendant, vous donner quelques-unes de mes recettes préférées. Bon, c'est la saison des fleurs, il faudra donc attendre un peu avant les recettes à base de baies! Et en visitant le Net, Déesse, je vois des centaines de recettes qui crient après moi... Comment pourrais-je résister? Ah, oui, en habitant en ville... :-(

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Limonade aux fleurs de sureau

Cueillez 12 ombelles sur Dame Sureau. Mettez-les dans une grande jatte en terre cuite avec 7 litres d'eau, 2 petits verres de vinaigre de cidre, un citron coupé en rondelles fines et un kilo de sucre non raffiné. Remuez avec une grande cuillère en bois et laissez 5 jours au Soleil. Puis filtrez et mettez en bouteilles, fermez bien. Laissez encore 3 jours au Soleil, puis conservez au frais et à l'ombre. Attention, cette limonade ne se conserve pas plus de 15 jour au frais, grand maximum (elle ne fait jamais 15 jours chez moi, mais je n'en fais pas 7 litres non plus! ma jatte en terre cuite fait 3 litres...).
C'est une boisson délicieuse, délicate et très raffraichissante.
On peut également faire de la limonade avec des fleurs de tilleul, délicieuse aussi.

Beignets de fées

Mélanger 125 gr de farine et 2 dl de vin blanc doux, 1 pincée de sel et 2 jaunes d'oeufs et 1 c à c d'huile. Laisser reposer 1 heure. Puis incorporer les 2 blancs d'oeufs battus en neige bien ferme.
Tremper une à une les jolies ombelles de sureau dans la pâte et les jeter au fur et à mesure dans l'huile bouillante. Egouter quand c'est bien doré et servir saupoudré de sucre glace.
On peut également faire ce genre de beignets avec toute sortes de fleurs commestibles... Je vous le laisse à votre entière imagination... Les plus connus sont les beignets de fleurs d'acacia.

Crêpes aux fleurs de sureau

Préparer une pâte à crêpes selon votre recette habituelle, puis mêlez un peu de miel à lâ pâte. Emiettez finement les fleurs de sureau et mélangez bien, puis faites sautez vos crêpes dans une poêle bien chaude et beurrée.

Sirop de fleurs de sureau

Nettoyer 500 gr de fleurs de sureau en les lavant à l'eau fraîche. Les mettre à bouillir dans 2,5 litres d'eau avec 2,5 kilos de sucre. Remuer de temps en temps pour faire fondre celui-ci. Ajouter 50 grammes d'acide citrique ou des rondelles de citron et mélanger la préparation.
Laisser reposer 24 heures. Filtrer, mettre en bouteilles et boucher.
Quel délice que ce sirop... Dans le même genre, j'adore également le sirop de fleurs de pissenlit, délicieux également. Je le bois dans de l'eau glacée, ou je le déguste sur du pain ou mieux encore, sur des crèpes ou des gauffres...

Posté par CerrydwenAsherah à 13:38 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Tarte banane-chocolat

Je vous avais déjà parlé du blog Cuisine Campagne et des délicieuses recettes qui m'y faisaient de l'oeil... Et voilà, j'ai testé la tarte banane-chocolat.


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Incroyable, j'ai réalisé cette tarte sans balance ni verre mesureur! Car évidemment, en bon homme qu'il est, mon chéri n'a ni l'un ni l'autre... J'ai donc tout fait à l'oeil, et ça a été impeccablement. Je vous renvoie directement à la recette, car je ne l'ai pas modifiée (enfin, je ne pense pas :-D ). C'était très bon, mais j'avoue que moi la banane en général, ça m'écoeure un peu beaucoup...

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Cette fois, avec l'excédent de pâte, j'ai fait des petits coeurs que j'ai posé dessus :-D Que voulez-vous, si ça m'amuse!! ;-)

Je suis bien impatiente de récupérer mon appareil photo. Non seulement ça évitera à mon homme de m'envoyer tout le temps les photos que je prends avec le sien, mais j'ai à vous montrer mes dernières créations en pyrogravure (quoi que l'examen-time limite mes créations...) et d'autres choses encore... Bon allez, un peu de patience...

Posté par CerrydwenAsherah à 12:31 - Cuisine - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 juin 2006

De princesse de magazine à la con, devenez Pouf! Pouf! Pouf! grenouille...

Je parlais hier à un ami de cette société du prêt-à-jeter qui me fait tellement horreur... des relations amoureuses... de la pornographie... de tout ce qui consomme, et qui se jette aussitôt... Et j'ai repensé tout d'un coup à un de mes livres préférés. Voici le dernier chapitre de "Mes petites magies", de Marie Laforêt.

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"Voilà. Vous savez presque tout de mes petites magies.

Il ne vous reste plus que l'essentiel à faire : devenir jeune. Parce que, s'il n'y a que des vieux au paradis, j'aime mieux changer de direction. Battre mon chien (enfin!), voler les pauvre ou, pire encore, me mettre à mentir. Pour aller m'amuser en enfer.

Mais nous n'en sommes pas encore là.

Cependant, il sera question de vie ou de mort. De pulsion de vie ou de pulsion de mort.

Donc commençons par le début, le tout début : l'enfance.

Cet acte d'enfance que nous avons tous ommis, même et surtout les plus défavorisés d'entre nous, quel est-il?

De quel sortilège nous était donc venue cette faculté d'émerveillement?... Je ne parle pas d'innocence. L'innocence est un mot d'adulte, définition vague dont on gratifie ceux qui n'ont pas dérogé à la loi. Bénédiction juridique en quelque sorte, qui n'a, à mon sens, pas grand-chose à voir avec ce goût carnassier, féroce, gourmand des enfants pour le merveilleux.

Le merveilleux?... Ne serait-ce pas un besoin presque soixante-huitard de changer l'ordre des choses?... La volonté, contre le plus simple bon sens, l'évidence, n'est-ce pas la soif impérative d'un réel enchanté?... Enchanté mais obéissant cependant à des règles strictes bien que lunaires, cocasses, paradoxales ; cruelles même.

L'enfance, c'est la science innée du par-delà.

L'expérience, l'éducation, la "vie" comme on dit, s'acharneront à nous amputer de ce que nous savions d'instinct. Dès la naissance, on nous sèvre de notre imaginaire, on nous distille la peur - du ridicule, du prochain, de l'avenir, de l'inconnu, du mauvais goût, de souffrir et surtout de la mort -, on nous encourage à devenir vieux, de renoncements en compromissions. De désillusions d'images virtuelles en désamours, de là en terreurs puis en renoncements. Roue sans fin.

Comme des bécassines affolées, nous partons en tous sens, en vols aigus, triangulaires, pour échapper au pire. Sans avoir pris la peine de nous retourner pour juger de l'apparence de l'ennemi, en déduire sa rapidité, sa force et sa cruauté.

Or le pire, tout comme le meilleur, n'existe pas. Ce ne sont que des superlatifs de langage, ce langage moqueur qu'on nous encourage à parler le plus tôt possible avec le satisfecit y afférent : c'est une preuve sociale de notre faculté d'intégrer, de coller, de fournir notre quote-part d'intelligence collective.

Il n'y a pas d'intelligence collective.

Soit on est Dieu, circonférence qui est partout, soit on est unique.

Unique. Dans la compréhension collective de ce mot, dans la confusion que le langage nous impose, de "unique" on nous oblige à dessiner le visage de la punition sociale suprême : solitaire, avec son cortège de rejet et de malédiction.

Et nous prenons collectivement, rassurés par la promiscuité, le train infernal des pulsions de mort : la peur, les peurs.

Mais ce train, qui, sinon nous-même, nous a forcé à le prendre? Mais qui, sinon nous-même, nous empêche d'en descendre, de prendre une autre correspondance, d'aller ailleurs, d'aller vers l'ailleurs improuvé, improbable?... De nous asseoir dans l'herbe?...

C'est ce que j'ai fait : je suis descendue et je me suis assise dans l'herbe. Et j'ai su que même Einstein ne sera jamais aussi intelligent qu'un brin d'herbe.

Voilà : je vous propose de vous asseoir dans l'herbe des verts pâturages.

Je vous propose une véritable magie à réaliser vous-même, la première et la dernière : de princesse de magazine à la con, devenez Pouf! Pouf! Pouf!... grenouille.

***

Je me souviens, j'ai onze ans. Fin décembre à Paris. Ma mère me réveille en pleine nuit, me souffle "habille-toi!... chaudement!"

La vitre du taxi, embuée, me renvoie l'image ponctuée de brillances floues des lumières d'une ville que je ne connais pas : le Paris architectural de la nuit. Il est trois heures. Devant l'étincellement de verre des anciennes halles de Baltard, le taxi s'arrête. Ma mère éclate d'un rire enfantin : "Viens voir!... et surtout, regarde tout!"

Nous étions dans la nuit du 23 ou 24 décembre ; la fête de Noël avait déjà commencé, avec ses guirlandes, ses victuailles : coquillages dégouttant la dernière marée sur le sol gluant d'algues, charrettes de fruits exotiques, sexuels, qu'on découvrait à peine dans ces années cinquantes, montagnes de châtaignes vernies, et des plumes, des plumes à perte de vue dans une perspective hallucinée, accrochées par grappes comme une sauvage vendange. Plumes mordorées des faisans, plumes poudrées des pintades, blancheur, duvet des oies, chapons écarlates. Spectacle d'une incroyable cruauté, massacres de sangliers entiers, ouverts, éclatés comme des grenades mûres. Quartiers de boeuf trimballés à l'épaule sur des tabliers sanglants comme des charpies de guerres, foule de cris éclaboussants, lumières folles. Effroi, victoires et victimes mêlés. Clochards fouillant les détritus. Joie. Urgente joie. Amour et souffrance.

Le chaos.

La vie. L'éternelle vie.

Puissante, ruisselante, têtue. Immonde et belle. Royale. (note)

***

De ce souvenir d'enfance dont ma mère, où qu'elle soit, ne sera jamais assez remerciée, j'ai retiré une image exemplaire. Contre mon vouloir, contre mon bon goût bourgeois, ma sensibilité, ma sentimentalité puritaines, cette image - ou plutôt son contenu charnel - est toujours restée présente, n'entrouvrant que par instants son corsage de mère nourricière, de pute, retenant le lait de son message dérangeant. Sans doute attendait-elle que j'aie très faim pour me donner ses seins?... Ou peut-être attendait-elle que j'aie fini de poser sur la table de nuit l'argent douloureux qu'on doit payer avant de posséder la pute qu'elle est?

Cette image, inconsciemment d'abord, puis avec l'âge de plus en plus insistante, présente, court frisson de l'âme à son ressouvenir, j'ai commencé à comprendre que tout ce qui ne procédait pas d'elle, de cette effroyable image, tout, hors d'elle, était putride : l'argent, l'ascension sociale, la politique, le savoir, le bon jugement, toutes les foutaises que l'on s'ingénie soi-même à mettre en ordre, à défendre, à récolter pour servir notre paraître. Nous empêchant d'atteindre la simplicité originelle des enchantements sans laquelle la beauté, la vraie, celle dont on ne saurait dire qu'elle soit intérieure ou extérieure - à qui?... à quoi?... -, la vôtre ou la mienne de beauté, deviendrait masque funèbre.

***

J'ai donc un jour pris la décision de réapprendre à m'émerveiller.

J'ai éteint définitivement la télévision. J'ai simplement enlevé une prise. J'ai coupé le courant continu de cette vie qui vivait à ma place, pensait, jugeait, s'émerveillait à ma place. Qui votait à ma place. Qui me fournissait virtuellement chaque jour mon quota de victimes, comme dans les antiques jeux du cirque, pour détourner de moi, par ce sacrifice païen d'inconnus, d'innocents, ce qu'elle nous affirme être le mauvais sort. Qui me faisait aimer, - virtuellement, à ma place - des conneries. Qui, chaque jour, me conseillait de dépenser plus et mieux. Parce que je le valais bien...

J'ai planté des rosiers.

Je me suis mise à manger seulement quand j'avais faim : à mon grand étonnement, contre l'avis de tous les magazines, de tous les nutritionnistes, une seule fois par jour.

Je devenais simple, je me foutais d'être belle : je le devenais, me contentant de réfléchir la simple beauté du monde alentour.

Parce que, et c'est tout un art, pour que la beauté soit belle, il faut la mettre en lumière. La seule lumière possible, c'est celle de votre regard qui s'étonne, accueille, s'émerveille des autres et de la vie. C'est celle de votre regard qui aime.

L'amour c'est comme l'alphabet : ça s'apprend avec application de A à Z.

La peur, la haine se refusent. Comme une bête malfaisante qu'on repère, qu'on traque. Qu'on tue. C'est elle ou vous. Rendez-lui sans faiblir les honneurs en lui fermant les yeux, glissant dans sa bouche une brisée de noisetier. Mais tuez-la en vous.

On ne joue pas avec ce choix, on ne peut pas faire semblant : on choisit l'amour et la vie ou on choisit la peur et la mort.

Même quand vous aurez cent ans, que vous ressemblerez à une pomme au four, si vous avez choisi l'amour dans le coeur, même un coeur de grenouille, choisi la vie, même la vie d'une grenouille, vous continuerez d'être belle à tomber par terre.

Il faut parfois un temps fou pour comprendre ces choses...

Note :

Il m'a fallu du temps pour comprendre ce que Marie Laforêt a voulu dire. Au début, je ne trouvais pas sa description sanglante franchement merveilleuse.
Malgré ma révolte, j'avais encore dans les yeux des images trop propres, trop blanches, trop pures. Pourtant la vie est noire, la vie est rouge.
J'avais oublié mon expérience personnelle que je ne peux m'empêcher d'invoquer lorsque je parle notamment de mon choix concernant le végétarisme. Moi, c'est mon père que je remercierai toute ma vie. Parce que papa est chasseur à l'arc, dans un total respect de la Nature, ce respect et cette union que je n'ai encore jamais rencontré chez personne d'autre... Parce que j'ai vécu en toute connaissance de la vie, la vraie, de la mort, la vraie. Parce que pour moi, manger de la viande ne signifie pas acheter des paquets surgelés dans un supermarché. La viande, c'est le sang, c'est la mort, c'est aussi cette vie bruyante et puissante.
Je ne suis pas de ces végétariennes stupides et superficielles qui ne mangent pas de viande parce que ça fait bobo aux animaux, et qui jouent les poupées avec leurs cosmétiques pleins de produits chimiques et testés au moins cent fois sur animaux, qui sont végétariennes parce que c'est à la mode et qui mangent des crustacés, encore bien...
Je crois que mon père m'a appris une des choses les plus importantes que j'aie jamais appris : la valeur de la vie, et celle de la mort.
La seule cruauté, c'est celle de l'hypocrisie de notre société...

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("Goddess of Passage", by Laura Pelick)

Posté par CerrydwenAsherah à 19:32 - Bob'arts - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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